Une crise politique et institutionnelle semble progressivement se profiler au Sénégal. L’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale avec 132 voix vient rebattre les cartes du pouvoir et accentuer les tensions déjà perceptibles entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye.
Autrefois alliés inséparables au sein du parti PASTEF, les deux hommes donnent désormais l’image d’un tandem fragilisé par des divergences politiques et une lutte d’influence qui ne cesse de grandir. La nomination récente d’un nouveau Premier ministre pourrait d’ailleurs devenir le premier véritable terrain d’affrontement institutionnel. Ce dernier devra être investi par une Assemblée nationale désormais dirigée par Ousmane Sonko, dans un contexte où les relations entre le chef de l’État et son ancien mentor apparaissent de plus en plus tendues.
Le premier scénario serait celui d’une dissolution de l’Assemblée nationale par le président Diomaye Faye. Une telle décision ouvrirait la voie à de nouvelles élections législatives, avec l’espoir pour le chef de l’État de renverser l’actuelle majorité parlementaire et de reprendre le contrôle de l’institution.
Le second scénario pourrait venir du camp Sonko. Fort de son influence politique et parlementaire, ce dernier pourrait engager un bras de fer frontal avec le président, allant jusqu’à évoquer une procédure pour haute trahison afin de tenter de le destituer.
La grande question reste désormais de savoir : qui lancera les hostilités en premier ?
Le temps apportera certainement des réponses. Mais une chose paraît déjà évidente : le Sénégal entre dans une zone de fortes turbulences politiques. Une situation qui risque de provoquer une profonde désillusion chez de nombreux jeunes Africains qui voyaient en Diomaye et Sonko le symbole d’un renouveau politique et d’un nouvel espoir pour le continent.
MB