Le docteur Denis Mukwege a dénoncé la disparition présumée des 325 millions de dollars accordés à la République démocratique du Congo par la Cour internationale de justice (CIJ) pour indemniser les victimes de la guerre des Six Jours à Kisangani. À l’occasion du 26e anniversaire de ces événements, le prix Nobel de la paix a exigé que toute la lumière soit faite sur l’utilisation de ces fonds.
Le médecin congolais estime que les survivants et les familles des victimes n’ont toujours pas bénéficié des réparations qui leur étaient destinées. Il considère cette situation comme une nouvelle injustice infligée à des populations déjà meurtries par l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire récente du pays.
« Ces détournements massifs de fonds sont une insulte inacceptable à l’encontre des victimes et doivent être investigués de manière indépendante pour les récupérer totalement. Leurs auteurs doivent être poursuivis et contraints de tout restituer », a déclaré Denis Mukwege dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Au-delà de la question des réparations, le prix Nobel a également renouvelé son appel à la justice pour les crimes commis entre le 5 et le 10 juin 2000 à Kisangani. Les affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise avaient causé la mort d’environ un millier de personnes et provoqué d’importants dégâts matériels. Ces faits sont répertoriés dans le Rapport Mapping des Nations unies comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Denis Mukwege estime que la paix durable passe par la vérité, la justice et la réparation. Vingt-six ans après la guerre des Six Jours, il appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à garantir aux victimes leurs droits et à mettre fin à l’impunité qui entoure encore ce dossier.
Horace M.